LE CIEL ATTENDRA

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Marie-Castille Mention-Schaar, France, 2016, 1h40

Résumé :

A 17 ans, Sonia a failli quitter les siens pour aller faire le djihad. Elle était convaincue que c’était le seul moyen pour elle et sa famille d’aller au paradis. Elle est finalement revenue à la raison. Contrairement à Mélanie, 16 ans. Elevée par sa mère, c’était une adolescente sans histoire, qui partageait sa vie entre l’école, ses amies et ses cours de violoncelle. Mais sur Internet, elle s’est mise à discuter avec un « prince » qui a réussi à lui laver le cerveau. Emplis de culpabilité de n’avoir rien vu, les parents assistent désemparés à la métamorphose de leur enfant...

Fiche pédagogique

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Objectif de la fiche : comprendre les mécanismes de l’embrigadement d’adolescent(e)s.

Activité 1 : les apprenants s’expriment sur leur propre adolescence

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Matériel :

  • Bandelettes reprenant les items en plusieurs exemplaires
  • Un arbre sans feuilles dessiné sur une grande feuille
  • Du papier collant

Sur base de la liste des items que le formateur aura téléchargée et imprimée en plusieus exemplaires, et découpée, il confectionnera les bandelettes reprenant chacune un des items.

Il dispose les bandelettes reproduites en plusieurs exemplaires sur une grande table et Il invite les participants à sélectionner des bandelettes qui correspondent le plus à leur propre adolescence.

Chacun va coller ses bandelettes sur des branches de l’arbre.

ITEMS DES BANDELETTES :

Quand j’étais adolescent, j’étais :

  • rebelle
  • Je rêvais d’un monde meilleur
  • je refusais de grandir
  • j’étais soumis
  • j’estimais ne plus avoir besoin de mes parents
  • je n’avais peur de rien
  • je faisais partie d’un groupe
  • je n’avais pas peur de l’inconnu
  • je savais ce que je voulais
  • j’étais influençable
  • j’avais besoin d’être aimé
  • j’acceptais l’autorité
  • je ne supportais pas l’autorité
  • j’étais romantique
  • je ne savais pas ce que je voulais
  • j’avais besoin de mes parents
  • je me cherchais
  • autre : ….

A la fin de l’activité, le groupe aura collationné sur les branches de l’arbre toutes les caractéristiques constitutives de l’adolescence des participants.

Activité 2 : Poursuite du travail autour de l’adolescence

En groupe, on fait un « d’accord/pas d’accord.

Consigne :

  • d’accord : on applaudit
  • pas d’accord on frappe sur la table
  • sans d’opinion : on frappe des pieds par terre

Le formateur annonce les propositions suivantes :

  • l’ado est rebelle
  • l’ado rêve d’un monde meilleur
  • l’ado refuse de grandir
  • l’ado est soumis
  • l’ado n’a pas besoin d’un modèle
  • l’ado n’a plus besoin de ses parents
  • l’ado n’a peur de rien
  • l’ado a besoin de croire en quelque chose
  • l’ado a besoin de faire partie d’un groupe
  • l’ado n’a pas peur de l’inconnu
  • l’ado sait ce qu’il veut
  • l’ado est influençable
  • l’ado a besoin d’être aimé
  • l’ado accepte l’autorité
  • l’ado n’a pas besoin de faire partie d’un groupe
  • l’ado est terre à terre
  • l’ado n’est pas influençable
  • l’ado n’a pas besoin d’être aimé
  • l’ado est content du monde actuel
  • l’ado ne supporte pas l’autorité, n’accepte plus l’autorité
  • l’ado est romantique
  • l’ado ne sait pas ce qu’il veut
  • l’ado est peureux
  • l’ado a besoin de ses parents
  • l’ado a peur de l’inconnu
  • l’ado se cherche
  • l’ado a besoin d’un modèle
  • l’ado a besoin d’héroïsme
  • l’ado a besoin de donner un sens à sa vie

Activité 3 : Poursuite de la réflexion autour de l’adolescence.

Travail en sous-groupes.

Les sous-groupes échangent brièvement autour des questions suivantes :

  • C’est quoi un adolescent ?
  • Qu’est-ce qu’on vit à l’adolescence ?
  • Quelles sont les difficultés qu’on rencontre à l’adolescence ?

Mise en commun en grand groupe. Le formateur prend note sur une grande feuille.

Activité 4 : construction de la définition de l’adolescence du groupe.

Sur base des activités précédentes, le groupe construit une définition collective de l’adolescence.

Ce travail peut se faire directement en grand groupe ou en passant par des sous-groupes.

« Pour nous, l’adolescence c’est : ……………………………… ».

Activité 5 : que dit le dictionnaire sur le terme « adolescence »

Le Robert Junior

Adolescence : période de la vie qui suit l’enfance et précède l’âge adulte (entre 13 et 18 ans environ).

Le Robert Micro

Adolescence  : âge qui suit la puberté et précède l’âge adulte (environ de 12 à 18 ans chez les filles, 14 et 20 ans chez les garçons).

Le Petit Larousse illustré

Adolescence  : période de la vie entre l’enfance et l’âge adulte, pendant laquelle se produit la puberté.

Activité 6 : On rentre dans la problématique du film / travail de compréhension orale et écrite de la scène d’ouverture du film

La proposition est d’aller le plus loin possible dans la compréhension de cette scène d’ouverture, qui installe la thématique du film :

  • La première vision se fait sans le son, pour tirer parti des éléments visuels et d’un non-verbal très porteur de sens.
  • Les visions suivantes, avec le son, ont pour but de comprendre globalement et ensuite d’orienter sa compréhension pour répondre à deux questions :
  • qu’est-ce qui est arrivé / arrive aux adolescents dont on parle ?
  • comment leurs parents réagissent-ils ?

Avec des apprenants assez bons lecteurs, on peut terminer par une lecture-compréhension fine des dialogues de la scène (voir retranscription du dialogue)

Première vision de la séquence :

On visionne la première scène du film SANS SON.

Dans cette séquence, il est question d’un groupe de paroles de parents. la séquence débute quand un père dit « on partageait tout », et elle se termine quand le même père dit « « pour moi, c’est une trahison

Minutage : 0.20 → 02.15

Après cette première vision muette, on se dit ce qu’on a compris à partir de 3 questions (les réponses reprises ci-dessous sont données à titre indicatif, bien sûr) :

Qu’est-ce qu’on voit ?

  • Des hommes et des femmes qui discutent en groupe.
  • Le lieu = une école ? (carte du monde, notamment)
  • Il y a beaucoup d’émotion(s) (tristesse, anxiété, colère,...)
  • La femme qui parle à la fin, a l’air sûre d’elle

Qu’est-ce qu’on a compris ?

  • Ils ont des problèmes avec leurs enfants ?
  • Quels problèmes ?
  • Quel est le rôle de la femme qui parle à la fin ?
    ...

Questions qui restent

  • Ils ont des problèmes avec leurs enfants ?
  • Quels problèmes ?
  • Quel est le rôle de la femme qui parle à la fin ?

Deuxième vision de la séquence :

Remarque : Cette vision doit permettre de comprendre que ce sont les parents qui ont des problèmes sérieux avec leurs enfants. Ils sont inquiets, anxieux, tristes, en colère, comme on l’entend dans la séquence.

On visionne à nouveau la séquence, mais cette fois avec le son. On arrête absolument quand la femme dit « c’est une trahison pour permettre le questionnement sans que le mot « djihadistes » soit entendu.

Minutage : 0.20 → 02.15

Avant la vision, le formateur indique qu’on cherche à répondre aux questions suivantes :

  • Qui sont ces personnes ?
  • Pourquoi sont-elles réunies ?
  • De qui/de quoi parlent-elles ?
    - 
    Après la vision de la séquence, le formateur indique aux participants qu’ils vont répondre à ces questions « en écho : on essaie de répondre à ces questions à partir d’un mot, d’une phrase, d’un morceau de phrase qu’on a compris.

Exemple : on partageait tout/on faisait du sport/arrêté à la frontière/elle veut plus me parler/elle a quinze ans/la secouer / etc …

Dans la suite de cette activité, nous vous proposons de visionner en trois temps consécutifs des fragments de cette même séquence.

  1. Temps 1 : le premier couple
  2. Temps 2 : la mère seule
  3. Temps 3 : le deuxième couple

A chaque fois, le formateur orientera la compréhension vers les réponses aux deux questions :

  • Qu’est-ce qui est arrivé à leur enfant ?
  • Quels sont les sentiments des parents ?

Temps 1 : premier couple :

On arrête la vision quand le père dit « j’ai rien vu »

Minutage : 0.20 → 1.06

Groupe de parents 1 :

  • les parents parlent de leur fils ? De leur fille ?
    (← de leur fils)
  • Comment est-ce qu’il s’appelle ?
    (← Thomas)
  • Les parents parlent de leur fils « avant » ou « maintenant » ?
    (← avant, temps du passé)
  • Comment était la relation avec son père ?
    (←D’après le père, très bonne, ils avaient beaucoup d’activités ensemble, ils échangeaient tout.)
  • Qu’est-ce qu’on comprend qu’il lui est arrivé ?
    (← On a reçu un coup de téléphone … comme quoi Thomas avait été arrêté à la frontière./on ne dit pas pourquoi, mais on peut faire des hypothèses)
  • Quels sentiments éprouvent les parents ?
    Ils sont tristes/le père ne comprend pas… : « je n’ai rien vu venir »Souligner cette dernière phrase, qui est une sorte de leitmotiv dans les témoignages qui concernent la transformation d’un proche.

Temps 2 : la mère seule (suite) :

On visionne la séquence jusqu’à « contre les murs »

Minutage : 1.06 →1.23

La séquence débute quand la mère dit « on était fusionnelles toutes les deux", et s’arrête quand elle dit « j’ai envie de la cogner ».

  • La mère 2 parle de son fils ? de sa fille ?
    → de sa fille
  • Qu’est-ce qu’on comprend qui lui est arrivé ?
    → un changement comme le montrent les deux temps en contraste (imparfait/présent) :
  • On était fusionnelles ↔ expliquer une relation fusionnelle/elle veut pas que je lui parle, elle veut pas fêter son anniversaire.
  • Elle était à l’école d’infirmières, elle a tout plaqué ↔ expliquer ce que ça veut dire
  • C’est plus ma fille, c’est un fantôme ↔ expliquer l’image.
  • Quels sentiments éprouve la mère :
    → elle est triste/elle est en colère/elle a peur/elle ne comprend pas ?

→ on voit qu’elle est en colère, qu’elle est à bout « j’ai envie de la secouer, de la cogner contre les murs ↔expliquer le propos

Temps 3 : le deuxième couple de parents (suite)

On poursuit la vision de la séquence jusqu’à « elle a quinze ans »

Minutage : 1.23 → 02.05

(la séquence débute quand la mère dit « je connais ma fille » et s’arrête quand elle dit « elle a 15 ans »)

  • Les parents parlent de leur fils ? de leur fille ? quel âge est-ce qu’il/elle a ?
    → de leur fille de 15 ans
  • Ils parlent de ce qui se passe maintenant ou de ce qui s’est passé ?
    de ce qui se passe maintenant : les verbes sont au présent : elle passe une période adolescente expliquer « passe » qui signifie ici : c’est passager, ça ne va pas durer.
  • Qu’est-ce qu’on comprend qui lui est arrivé ?
    → on ne sait pas bien, en fait : elle cherche une voie spirituelle = religion, secte, drogue ?
  • Quelle est l’attitude des parents ?
    ils sont inquiets / ils ont peur/ils ne trouvent pas ça trop grave/ils sont fâchés/ils ne comprennent pas ?

Ils ont l’air de dire qu’ils ne trouvent pas ça trop grave. Toutes les phrases suivantes peuvent être relevées et expliquées : « elle passe une période adolescente,... c’est pour nous faire chier, c’est tout... Ça va passer, quoi,... Elle a quinze ans... Ça arrive, on se cherche,... c’est sa période rebelle,... moi j’ai l’impression qu’on en fait un peu trop. Elle n’est pas là dedans en fait, Elle cherche une voie... spirituelle, c’est l’âge, hein ? ». Cependant, le non-verbal montre qu’ils sont inquiets, angoissés et les gros plans sur les visages des autres parents trahissent l’inquiétude et peut-être la désapprobation face à des propos qui semblent être surtout une façon de se rassurer voire une forme de déni.

Activité 7 : on boucle la compréhension de la séquence

Après ces trois visions, on formule des hypothèses sur ce qui est arrivé aux adolescents dont on parle dans cette séquence.

Puis, on visionne une dernière fois toute la séquence, en allant jusqu’au bout de la scène (quand la femme dit « djihadistes »)

Minutage : 02.20 → 02.21

La séquence débute quand le père dit « on partageait tout » et s’arrête quand Dounia Bouzar dit « rejoindre des djihadistes

Ensuite, on essaie a posteriori de comprendre :

  • ce qui est arrivé / ce qui arrive aux adolescents
  • quel est le rôle de ce groupe de discussion
  • quel est le statut de la personne qui l’anime.

Si les groupes sont lecteurs, à l’issue de cette dernière vision, les participants pourront lire la retranscription de la séquence. Si ils ne sont pas lecteurs, le formateur pourra la leur lire.

Transcription

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Nous conseillons au formateur de travailler la compréhension des mots, des expressions repris en gras/italique dans le texte (recherche au dictionnaire, ou …)

Père 1 : On partageait tout ensemble avec mon fils, on faisait du sport... On allait à la pêche ensemble, on courait ensemble. C’était un fou de montagne. On faisait des escapades en montagne. On échangeait tout, quoi.

Mère 1  : Ils étaient si beaux, tous les deux.

Père  : Et un beau matin, on a reçu un coup de téléphone... comme quoi Thomas avait été arrêté à la frontière. J’ai rien vu au milieu... entre... j’ai rien vu.

Mère 2  : On était fusionnelles toutes les deux... Elle veut pas que je lui parle, elle veut pas fêter son anniversaire. Elle était à l’école d’infirmières, elle a tout plaqué. C’est plus ma fille, c’est un fantôme. J’ai envie de la secouer, de la cogner contre les murs.

Mère 3 : Moi, je connais ma fille, elle passe une période adolescente, c’est pour nous faire chier , c’est tout. Ça va passer, quoi, c’est... c’est...

Père 2 : Elle a quinze ans, quoi, faut pas non plus...

Mère 3 : Voilà.

Père 2 : ...Ça arrive, vous l’avez dit, il n’y a pas des signes forcément de...

Mère 3  : Moi aussi, j’ai eu les cheveux rouges un style punk euh, grunge euh... Voilà, on se cherche, c’est sa période rebelle , quoi, enfin...

Père 2 : Ah, nous on est là.

Mère 3  : On n’est pas démissionnaires , hein...

Dounia Bouzar : Il ne faut pas vous remettre en question.

Père 2 : On ne se remet pas en question, c’est pas le problème. Le problème, c’est euh enfin moi j’ai l’impression qu’on en fait un peu trop. Elle n’est pas là-dedans en fait. Enfin, on la connaît, je veux dire.

Mère 3  : Ben oui. Elle cherche une voie... spirituelle, c’est l’âge, hein ?

Père 2  : Elle a quinze ans.

Dounia Bouzar : vous avez l’impression que vous l’avez tellement aimé que rien ne pourra lui arriver ;

Père 1  : Moi, j’avais une totale confiance en lui, une totale confiance en lui, on avait un rapport très privilégié . Pour moi, c’est une trahison...

Fin de la scène

Dounia Bouzar : Mais vous en parlez comme si délibérément, il avait décidé de rejoindre des djihadistes. C’est pas comme ça que ça se passe.

Père 1  : C’est comment alors, ça se passe comment ?

Dounia Bouzar : Ils ont culpabilisé. Ils ont dit : « ton père est catholique...

Activité 8 : travail sur la thématique et les personnages principaux du film : Mélanie

Les séquences que nous vous proposons permettront aux participants de cerner la thématique du film au travers du focus sur les deux adolescentes françaises aux prises avec le djihad : Mélanie et son processus de radicalisation ; Sonia et son processus de déradicalisation.

  • Séquence 1 : Mélanie dans sa vie de lycéenne.

Dans cette séquence, on voit successivement Mélanie avec ses copines, dans un magasin, Mélanie qui joue du violoncelle et Mélanie qui participe à une action humanitaire dans son lycée.

Minutage : 08.35 → 09.24

  • Séquence 2 : Mélanie avec sa grand-mère à l’hôpital. La séquence débute quand Mélanie demande à sa grand-mère « et tonton est venu ? et se termine quand la grand-mère dit à Mélanie « t’es jolie tu sais ».

Minutage : 13.55 → 14.55

  • Séquence 3 : Mélanie est sur son gsm et parle avec « Epris de liberté ». Il lui dit « j’aime ton sourire », la séquence se termine quand il dit « attendons d’être mariés ».

Minutage : 1.17.17 → 1.18.26

  • Séquence 4 : Mélanie prie avec sa copine, dans sa chambre. elles se disputent, la copine part. La séquence débute quand Mélanie demande à Jamila « on prie ensemble ? » et se termine quand Mélanie dit à Jamila « bien sûr que ce n’est pas un jeu ».

Minutage : 1.20.35 → 1.21.56

  • Séquence 5 : Mélanie se dispute avec sa mère à la maison après le départ de la copine. La séquence démarre quand la mère demande « elle est partie ta copine ? » et se termine quand Mélanie dit à sa mère « tu as raison, tu es vraiment trop bête ».

Minutage : 1.22.09 → 1.23.59

  • Séquence 6 : La pression toujours plus forte sur Mélanie. La séquence débute quand « Epris de liberté » dit à Mélanie « tu dois faire tout ce que je te demande, et se termine quand le professeur dit « on règlera ça après ».

Minutage : 1.24.03 → 1.25.00

  • Séquence 7 : Sonia et Mélanie. Quand l’une est apaisée, et l’autre s’en va …

Minutage : 1.32.48 → 1.33.39

Après la vision de ces séquences, en sous-groupes les apprenants énoncent qu’ils ont appris, ce qu’ils imaginent de ma vie de Mélanie.

Mise en commun en grand groupe. Le formateur prend note.

Activité 9 : travail sur la thématique et les personnages principaux du film : Sonia

  • Séquence 1 : Sonia et sa famille sont dans un bureau devant une Juge. La séquence débute quand la mère de Sonia dit « je vous ai entendue » et se termine quand la Juge dit « vous imaginez ce que ça implique pour vous, pour votre mari, pour votre autre enfant ? »

Minutage : 10.39 → 11.35

  • Séquence 2 : Sonia en conflit avec son père à propos du Coran. La séquence débute quand Sonia dit à son père « je te hais » et se termine quand le père a quitté la chambre de sa fille, et regarde au dehors, à travers une vitre.

Minutage : 11.42 → 12.26

  • Séquence 3 : Sonia supplie sa mère de la laisser partir. La séquence débute quand la mère de Sonia entre dans la chambre de Sonia qui lui dit « il y a des hommes dehors », et se termine quand la mère de Sonia gifle sa fille.

Minutage : 16.00 →17.30

  • Séquence 4 : Entrevue entre Sonia, ses parents, Mme Bouzar et un collègue.
    La séquence débute quand Mme Bouzar demande à Sonia « et tu as toujours envie de partir là-bas ? » et se termine quand Sonia et sa mère tombent en larmes dans les bras l’une de l’autre.

Minutage : 37.50 → 40.00

  • Séquence 5 : Sonia est au lit avec sa mère (la séquence démarre quand on voit Sonia qui est plongée dans l noir et pleure et elle s’arrête quand Sonia viens près de sa mère, au lit, se blottit contre elle et que sa mère lui dit « t’en fais pas je suis là »)

Minutage : 1.07.38 → 1.09.19

  • Séquence 6 : Sonia prend conscience et s’exprime dans le groupe de parole. La séquence démarre quand Mme Bouzar dit « quand je dis coupée de dieu, coupée du monde » et se termine quand Sonia dit « comme si j’avais tout perdu de ce qu’il m’avait dit ». Elle pleure.
    - 
    Minutage : 1.26.30 → 1.27.40

Sur base de la vision ce ces séquences, en sous-groupes les participants répondent aux questions :

  • Que savez-vous, qu’imaginez-vous de la vie de Mélanie ?

Mise en commun en grand groupe. Le formateur prend note.

Mise en garde avant d’aller voir le film :

La construction de la narration du film n’est pas linéaire, et il est important que les participants soient avertis des allers-retours présent/passé qui jalonnent le film. Les scènes du film ne sont pas organisées dans l’ordre où elles se passent.

Ce n’est pas parce que deux scènes se suivent dans le film qu’elles se suivent dans la narration. L’ordre des scènes ne correspond pas à l’histoire.

On peut résumer l’organisation du film en deux grands blocs :

1. DERADICALISATION DE SONIA
2. RADICALISATION DE MELANIE

Ces deux blocs sont superposés dans le film, ils sont présentés en parallèle l’un de l’autre mais dans l’histoire ils ne se déroulent pas forcément en parallèle.

Nous reconstituerons l’histoire de chacune, après avoir vu le film.

ON VA VOIR LE FILM

APRES AVOIR VU LE FILM

Activité 10 : travail sur les émotions.

En grand groupe, les participants expriment leurs sentiments, leur ressenti après avoir vu le film.

Activité 11 : Retour sur la forme du film, sur la compréhension de l’histoire.

Le formateur s’assure que, malgré la construction non linéaire de l’histoire relatée dans le film, les participants ont compris.

Si ce n’était pas le cas, il éclaircit les zones d’ombre et précise que la réalisatrice du film a choisi d’analyser en parallèle le processus de radicalisation de Mélanie et le processus de déradicalisation de Sonia.

Ensuite, en sous-groupes, les participants résument le propos du film.

Mise en commun en grand groupe.

Activité 12 : Poursuite du travail sur les deux personnages principaux du film.

Télécharger les images en pdf

Sur base des captures d’écran et de ce que les participants avaient imaginé de l’histoire de Mélanie et de Sonia lors des activités 8 et 9 avant d’avoir vu le film, en sous-groupes les participants complètent les informations sur Sonia et Mélanie.

Ensuite, ils racontent :

  • L’histoire de Sonia
  • L’histoire de Mélanie

Idéalement, ce travail se fait en 4 sous-groupes (2x Sonia, 2xMélanie).
Si le nombre de participants n’est pas suffisant pour constituer 4 sous-groupes, le travail se fera en deux sous-groupes.

Mise en commun en grand groupe.

Activité 13 : Travail autour de Sonia et Mélanie

Télécharger la liste des items en pdf

Le formateur reprend l’arbre garni de ses bandelettes que le groupe avait construit à l’activité 1.

Le formateur aura à nouveau reproduit et découpé en plusieurs exemplaires les items de la liste.

En grand groupe, les participants identifient les caractéristiques reprises sur l’arbre qu’ils ont construit avant d’aller voir le film et qu’ils retrouvent chez Sonia et Mélanie.

Si nécessaire, ils complètent l’arbre par l’ajout de nouvelles bandelettes sélectionnées parmi celles présentes sur la table, propres à Mélanie et Sonia.

Activité 14 : comprendre les mécanismes à l’œuvre dans le processus de radicalisation de Mélanie.

On visionne plusieurs extraits du film où on voit Mélanie en proie aux mécanismes bien connus d’embrigadement.

  • Séquence 1 : Mélanie est en classe, « Epris de liberté » lui envoie des messages sur son téléphone. La séquence débute quand il lui écrit « j’ai vu tes nouvelles photos » et se termine quand il lui dit « je veux que tu sois à moi »

Minutage : 40.10 → 40.57

  • Séquence 2 : Mélanie au cours de gym en arrière fond, puis Mélanie qui regarde sur son pc des images défilent sur un écran de pc, avec voix off qui dit « nous avons été programmés », on arrête quand on voit sur l’écran « réveille-toi ».

Minutage : 41.18 → 43.25

  • Séquence 3 : Mélanie est en classe. Elle reçoit un message de « Epris de Liberté ». On entend une voix off qui dit « je viens de voir que tu acceptes des frères ». La séquence se termine quand « Epris de Liberté » dit : « il ne te manque plus que l’Islam ».

Minutage : 49.50 → 52.14

  • Séquence 4 : Mélanie court, on entend en voix off « Epris de Liberté » qui dit « quand je te dis de m’appeler ». La séquence se termine quand il demande à Mélanie « tu as tenu ta promesse, tu as arrêté la musique ? »

Minutage : 1.10.02 → 1.10.28

  • Séquence 5 : Mélanie dort. Elle reçoit un message. La séquence se termine quand « Epris de Liberté dit « faire plaisir à ta mère ? »

Minutage : 1.29.15 → 1.29.48

Activité 15 : réflexion autour de l’embrigadement

En grand groupe, les apprenants s’expriment sur l’embrigadement :

  • Est-ce que vous connaissez quelqu’un qui s’est fait embrigadé ?
  • Par qui ?
  • Comment ?

    Activité 16 : recueil de témoignages de personnes s’étant fait embrigader sur différents supports :

Le formateur sélectionnera un ou plusieurs supports dans la liste ci-dessous.

  • Lecture de l’article « comment j’ai perdu cinq années de ma vie » (in Traces n° 233), Kimya Kalamba : "… Lorsqu’on pense à la radicalisation, on pense souvent à l’islam. Or, mon histoire, celle d’une jeune femme radicalisée par une église pentecôtiste à Liège, montre bien que d’autres jeunes sont en danger...."

Télécharger le pdf de l’article

  • Visionner la bande-annonce film « chez nous » de Lucas Belvaux .

Synopsis : Pauline, infirmière à domicile, entre Lens et Lille, s’occupe seule de ses deux enfants et de son père ancien métallurgiste. Dévouée et généreuse, tous ses patients l’aiment et comptent sur elle. Profitant de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être leur candidate aux prochaines municipales.

https://www.youtube.com/watch?v=70COXp0l0Nw.

Activité 17 : en guise de conclusion

Après ces témoignages, le formateur invitera les participants à débattre sur
« quels sont les éléments qui se répètent à travers l’histoire et qui peuvent nous expliquer pourquoi des personnes sont embrigadées ? Que pourrions-nous faire pour contribuer à rompre cette éternelle répétition ?"

APPROFONDISSEMENTS

Embrigadements à travers le temps

Croisades

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Croisades

Les croisades du Moyen Âge sont des expéditions militaires organisées par l’Église pour la délivrance de la Terre sainte. Elles ont été prêchées par le pape, par une autorité spirituelle de l’Occident chrétien comme Bernard de Clairvaux, ou par un souverain comme Frédéric Barberousse.

Elles furent lancées pour retrouver l’accès aux lieux de pèlerinages chrétiens en Terre Sainte, autorisés par les Arabes Abbassides, mais qu’interdirent les Turcs Seldjoucides en 1071 quand ils prirent Jérusalem aux Arabes. Elles débutèrent en 1095, répondant aussi à une demande de l’empereur de Byzance inquiet de l’attitude des Turcs. Les Byzantins parlaient grec, étaient chrétiens, mais ne reconnaissant plus Rome depuis la querelle du Filioque en 1054 (orthodoxes et non catholiques romains). Les croisés ne firent pas de conquêtes durables, se désintéressèrent de la question une fois que Saladin eut rétabli l’accès aux pèlerinages, hormis pour ceux qui s’étaient installés sur place, et en fin de compte affaiblirent les Byzantins plus qu’ils ne les aidèrent.

Nazisme

Source : http://lms.cours.fr/#/classe/1t/arbo/23090/opd/22442

La liquidation des oppositions

Comme dans toute dictature, le nazisme cherche à réduire et surtout à éliminer toute opposition. La violence hors de tout cadre légal est systématique.

Pour cela, Hitler s’appuie sur des partisans fanatisés réunis dans la S.S (Schutz Staffel = unité de protection) dirigée par Himmler. Après la suppression des S.A (Sturm Abteilung = Section d’Assaut) en 1934, les S.S constituent une force de frappe du pouvoir agissant sans aucun respect des lois.

Elles sont secondées dans leur tâche par la police politique : la Gestapo.

Celle-ci agit surtout sur la base de dénonciations et le régime n’hésite pas à encourager dans ce but les délations. Les arrestations sont fréquentes et les suspects subissent des tortures. Beaucoup de personnes disparaissent ainsi du jour au lendemain. Tous les moyens sont utilisés pour mater les oppositions. Cette terreur omniprésente pousse la population au silence ou à la passivité.
Les premiers camps de concentration ouverts en Allemagne (comme Dachau en 1933) ont pour première mission d’y parquer les opposants politiques (socialistes, communistes notamment).

Une société encadrée

Le parti nazi a toujours été centralisé. Il est donc tout à fait naturel pour Hitler dès sa prise de pouvoir de centraliser la société allemande autour de son parti. À tous les niveaux, celle-ci est donc quadrillée. Chaque îlot urbain, par exemple, a son représentant national-socialiste qui contrôle la bonne exécution des décisions et des volontés d’Hitler.

Il n’est pas obligatoire d’avoir sa carte du parti mais c’est fortement recommandé tant les associations liées à celui-ci sont présentes à tous les niveaux de la société.

Elles servent à la fois à contrôler la population mais aussi à distiller la propagande. Les enfants et les jeunes par exemple, doivent participer aux « jeunesses hitlériennes », un mouvement de jeunesse qui dans l’esprit d’Hitler, contribue à forger « des hommes nouveaux ». Les enfants, plus malléables que les adultes ayant subi cette propagande, sont plus à même de devenir de fidèles nazis.

On peut évoquer aussi le syndicat unique pour les travailleurs (Front du travail), des associations pour les étudiants, les femmes, les médecins, les enseignants et même une organisation nazie de loisirs (« la force par la joie » qui propose des séjours de vacances aux ouvriers).

Ne pas en faire partie signifiait s’exposer à des dangers et en être membre constituait au contraire la garantie d’être tranquille.

Pour favoriser l’adhésion des masses, une propagande intensive se développe sous la direction du ministre de l’information, Goebbels. De gigantesques autodafés sont organisés où l’on brûle les livres d’auteurs juifs, « dégénérés », « subversifs » ou d’opposants notoires au nazisme.

La censure interdit toute opinion contraire et les médias sont étroitement contrôlés par le pouvoir. Les affiches et manifestations indiquent aux gens ce qu’ils doivent penser.

Une résistance peu développée

Il est important de souligner qu’une politique de ce type nécessite l’adhésion d’une partie de la population et les cartons de délations aux archives de la Gestapo l’indiquent bien. À côté de cet appui actif, la majorité subit entre résignation, conformisme voire adhésion.

Certains intellectuels soutiennent Hitler. D’autres, la majorité, choisissent l’exil (l’écrivain Thomas Mann ou encore le scientifique Albert Einstein). L’opposition résolue et active au nazisme est en fait très marginale. Elle est le cas surtout de petits groupes isolés comme des cellules communistes ou d’individus. Ils tentent de diffuser des tracts ou journaux clandestins.

Les Eglises hésitent dans l’attitude à adopter. Autant certains prêtres catholiques peuvent condamner en chaire le régime, autant la hiérarchie se montre prudente (un concordat est même signé entre Hitler et le Vatican ; seule la rupture de celui-ci en 1936 amène l’Eglise catholique allemande à émettre de plus en plus de réserves).
Les protestants ont une situation originale. Les nazis ont tenté de créer une église protestante fidèle, « les chrétiens allemands », mais ils n’ont rallié qu’une minorité de croyants. La majorité des protestants se montre de plus en plus hostile au régime.

La terreur est en tout cas si présente et efficace qu’elle rend la résistance difficile et dangereuse.

L’essentiel

Le nazisme instaure la terreur comme moyen de gouvernement. Les S.S et la Gestapo font régner l’ordre nazi et chassent tous les opposants, n’hésitant pas à recourir à la torture ou aux assassinats. La Loi n’est plus respectée.

Parallèlement, la société est très encadrée par de nombreuses associations liées au parti nazi comme les jeunesses hitlériennes pour les enfants. Elles permettent de contrôler le peuple tout en diffusant la propagande.

Celle-ci, dirigée par le ministre de l’information Goebbels, censure les médias, brûle les ouvrages interdits ou « dégénérés » et met en valeur le régime et ses idées.

La résistance est difficile dans ces conditions. Elle est surtout plus le fait de petits groupes ou d’individus que d’institutions comme les Eglises chrétiennes (bien que les protestants s’opposent de plus en plus fermement au nazisme).

Nazisme : comment ils ont formaté la jeunesse

http://www.geo.fr/photos/reportages-geo/nazisme-comment-ils-ont-formate-la-jeunesse-161362

Jeunesses hitlériennes

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeunesses_hitl%C3%A9riennes#Origines

Origines

La première organisation des jeunes du Parti nazi est fondée le 13 mai 1922 à Munich sous le nom de Jungsturm Adolf Hitler (plus ou moins traduisible en français par Assaut de jeunesse Adolf Hitler). Elle est alors rattachée au Sturmabteilung et dirigée par Gustav Adolf Lenk. L’organisation est interdite en 1923, en même temps que le parti nazi. Elle est refondée le 4 juillet 1926 lors du deuxième congrès du Parti nazi, sous le nom de Hitlerjugend.

Doctrine

La raison d’être des Jeunesses hitlériennes est la formation de futurs surhommes « aryens » et de soldats prêts à servir loyalement le Troisième Reich. Il s’agit de contourner les clauses très contraignantes du Traité de Versailles qui interdisent à l’Allemagne de posséder une armée puissante et de préparer une génération physiquement et mentalement apte à être, au plus tôt, lancée dans une guerre contre toutes les puissances ennemies du Reich. Dans les Jeunesses hitlériennes, l’entraînement physique et militaire passait bien avant l’instruction scolaire et scientifique.

L’apprentissage comprenait le maniement des armes, le développement de la force physique, la stratégie militaire et un endoctrinement antisémite.

Après avoir dissous les organisations de scouts dans tous les Länder d’Allemagne, les Jeunesses hitlériennes s’approprièrent beaucoup de leurs activités, bien que les objectifs et le contenu ne soient pas les mêmes.

La cruauté des plus grands envers les plus jeunes était tolérée, et même encouragée. La philosophie du Parti nazi encouragerait à éliminer les plus faibles et à s’endurcir.

Embrigadement obligatoire

En 1923, l’organisation comptait un millier de membres. En 1925, le nombre de membres s’élevait à 5 000. Cinq ans plus tard, les Jeunesses hitlériennes dépassait les 25 000 sympathisants, et à l’arrivée des nazis au pouvoir en 1933, elles comptaient un effectif de 2 250 000 membres.

Cette augmentation étant due en grande partie aux membres des autres organisations de jeunesse avec lesquelles les Jeunesses hitlériennes avaient fusionné (avec plus ou moins de consentement), incluant l’importante evangelische Jugend (600 000 membres à l’époque), l’organisation de jeunesse de l’Église évangélique.

En décembre 1936, l’effectif dépassa les cinq millions de membres. Le même mois, l’organisation devint la seule organisation de jeunesse autorisée dans laquelle toutes les autres devaient se fondre (Gesetz über die Hitlerjugend).

Elle devint officiellement obligatoire en 1939 avec le Jugenddienstpflicht.

L’appartenance pouvait même être proclamée contre l’avis des parents. À partir de là, la plupart des adolescents allemands furent incorporés dans les Jeunesses hitlériennes : dès 1940, l’organisation avait atteint un effectif de huit millions de membres.

Plus tard, les statistiques de guerre sont difficiles à lire, dès le moment où l’on considère que la conscription obligatoire et l’appel à la lutte (chez des enfants à partir de 10 ans) signifie que pratiquement tous les jeunes allemands étaient, dans une certaine mesure, reliés aux Jeunesses hitlériennes.

Le gros de la « génération des Hitlerjugend » était né entre les années 1920 et 1930.

Ils formèrent la génération adulte de l’après-guerre et des années 1970 et 1980.

Il n’était donc pas rare pour les anciens dirigeants de la République démocratique allemande et de l’Allemagne de l’Ouest d’avoir eu un passé chez les Jeunesses hitlériennes.

Du fait que l’organisation était devenue obligatoire dès 1936, il n’y eut pas de volonté de bannir les politiques qui avaient servi dans les Jeunesses hitlériennes, à partir du moment où l’on considérait qu’ils n’avaient pas eu le choix.

L’exemple le plus patent fut celui de Manfred Rommel, fils d’Erwin Rommel, qui devint maire de Stuttgart en dépit du fait qu’il a fait partie des Jeunesses hitlériennes. Mais aussi, le ministre allemand des Affaires étrangères Hans-Dietrich Genscher, le philosophe Jürgen Habermas, et le Prince consort des Pays-Bas Claus von Amsberg.

En outre, le 19 avril 2008, les médias annoncèrent que le pape de l’Église catholique romaine Benoît XVI (de son nom civil à la naissance Joseph Ratzinger) avait servi contre son gré dans les Jeunesses hitlériennes à l’âge de 14 ans. Cette information suscita une polémique selon laquelle une personne qui avait été liée d’une manière ou d’une autre au nazisme ne devrait pas devenir pape. Cependant, les faits révélèrent que Joseph Ratzinger ne partageait pas l’idéologie des nazis et qu’il s’en était dissocié rapidement.

Cependant, rapidement, le caractère subversif des Jeunesses hitlériennes disparaît, et cette organisation devient impopulaire au sein même des groupes qu’elle est censée encadrer.

En effet, comme pour le KdF, les membres des Jeunesses hitlériennes utilisent les infrastructures pour la satisfaction de leurs besoins et désirs ; les activités d’embrigadement, les veillées, le camping, pratiqué de manière militaire, et la collecte de dons sont particulièrement impopulaires.

Succès et impact sur la société

L’endoctrinement de la jeunesse, s’il se voulait totalitaire, rencontre des réserves au sein de la société allemande. Tout d’abord auprès du public que cette organisation est censée encadrer, puis au sein de la société dans son ensemble.

Obligatoire à partir du décret Gesetz über die Hitlerjugend du 1er décembre 1936, l’organisation se transforme en structure bureaucratique, ce qui détourne beaucoup de jeunes de ses rangs.

De plus, le caractère militaire de l’encadrement et des activités proposées jouent un rôle non négligeable dans la désaffection des jeunes à l’égard de l’organisation : dans le meilleur des cas, ils s’ennuient dans les veillées, ne participent pas aux défilés militaires.

En outre, l’application du Führerprinzip finit par éloigner de l’organisation un nombre de plus en plus croissant de jeunes : obéissance inconditionnelle aux ordres, même lorsqu’ils semblent absurdes, et châtiments sans appel semblent la règle et incitent de nombreux jeunes à se tenir à l’écart.

Auprès de la population, les jeunesses hitlériennes jettent le trouble au sein des familles : séparés de leur famille, les enfants sont souvent utilisés comme informateurs par le NSDAP.

Au sein de la société, lorsqu’ils sont en groupes, les membres sont souvent grossiers et sans gêne à l’encontre des gens qu’ils peuvent croiser. De plus, indisciplinés et jouissant d’une quasi-impunité de fait, les jeunes militants de la Hitlerjugend mènent à l’école une sourde résistance contre l’institution scolaire, ce qui suscite de fortes réserves dans le corps enseignant.

Les Jeunesses hitlériennes pendant la Seconde Guerre mondiale

En 1940, Artur Axmann prend la tête des Jeunesses hitlériennes pour transformer l’organisation en une force auxiliaire utile dans un contexte de guerre. Les Jeunesses hitlériennes assistent les pompiers et l’effort de reconstruction des villes lors des bombardements alliés. Elles accomplissent des missions dans le service postal, les chemins de fer, le service de radiodiffusion et servent dans les équipes de défense anti-aérienne.

Vers 1943, les chefs nazis transforment les Jeunesses hitlériennes en une réserve militaire où ils puisent des troupes à la suite des pertes importantes et croissantes dues à la guerre.

Ainsi la 12e Panzerdivision SS Hitlerjugend sous le commandement de Fritz Witt est entièrement composée de jeunes garçons entre seize et dix-huit ans. Cette division est déployée pendant la bataille de Normandie contre les forces canadiennes et britanniques au nord de Caen.

Pendant les mois qui suivent, la division obtient une réputation de férocité et de fanatisme. Quand Fritz Witt est tué par l’artillerie alliée, le SS-Brigadeführer Kurt Meyer en prend le commandement et devient le plus jeune commandant de division à l’âge de 33 ans.

Lors de l’invasion de l’Allemagne par les Alliés, la Wehrmacht recrute des membres des Jeunesses hitlériennes de plus en plus jeunes. En 1945, la Volkssturm engage dans des combats meurtriers et sans espoir des membres des Jeunesses hitlériennes à partir de douze ans.

Pendant la bataille de Berlin, les Jeunesses hitlériennes constituent une part importante des forces allemandes et se battent avec fanatisme. Le commandant de la ville, le général Helmut Weidling ordonne à Artur Axmann de dissoudre les unités combattantes des Jeunesses hitlériennes, cet ordre n’est jamais appliqué à cause de la confusion de la bataille de Berlin.

Après-guerre

À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, les Alliés ont dissous les Jeunesses hitlériennes comme partie intégrante du Parti nazi. Des membres des Jeunesses hitlériennes furent accusés de crime de guerre mais, dans la mesure où l’organisation était constituée de mineurs, les efforts pour faire aboutir les poursuites furent insignifiants.

Bien que les Jeunesses hitlériennes ne fussent jamais déclarées « organisation criminelle », on considéra que l’encadrement adulte avait commis des crimes contre la paix en corrompant les jeunes esprits allemands. De nombreux cadres de haut niveau furent jugés par les Alliés, à l’instar de Baldur von Schirach condamné à vingt ans de prison.

Enfin, quelques lectures :

  • Témoignage : « la question du sens et de l’identité chez les jeunes aujourd’hui ». Philippe van Meerbeeck, psychiatre – psychanalyste – professeur ordinaire à la Faculté de médecine de L’UCL, In « La Belgique face au radicalisme – Comprendre et agir. » UCL Presses Universitaires de Louvain, 2016. P. 76 à 83.

Documentaire :

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